Comment les IA choisissent l'agence qu'elles recommandent
J'ai posé trois questions de recherche d'agence à ChatGPT, Perplexity et Bing Copilot, et analysé les neuf réponses ligne par ligne. Les trois moteurs ne regardent pas du tout la même chose pour décider qui mérite d'être cité.
Combien coûterait votre projet ?
fourchette indicative, hors options
Affiner avec le simulateur complet →Quand un chef d'entreprise demande aujourd'hui à une IA quelle agence web choisir, il obtient une liste courte de trois à six noms. Cette liste n'est pas un classement de qualité. C'est le produit d'un mécanisme de sélection précis, et ce mécanisme change complètement d'un moteur à l'autre.
Pour le vérifier autrement qu'à l'intuition, je suis chaque semaine un panel fixe de trois requêtes interrogées sur trois moteurs. Neuf réponses complètes, sources incluses, relevées le même jour. Cet article détaille ce que ce relevé montre, y compris quand il est défavorable à ma propre agence.
Le résultat qui résume tout
Un même domaine, crawlable et pourvu d'une fiche Google active, obtient une recommandation en première position chez Perplexity, une mention en dernière position chez ChatGPT, et une absence totale chez Bing Copilot. Même entreprise, même site, même jour. Ce ne sont pas trois niveaux de qualité, ce sont trois critères différents.
Le protocole, pour que ce soit reproductible
Une étude de visibilité IA ne vaut que si quelqu'un d'autre peut la refaire. Voici exactement ce que je mesure.
Un panel de requêtes figé
Trois requêtes qui correspondent à de vraies intentions d'achat : une recherche d'agence locale, une recherche de compétence technique précise, une recherche sectorielle. Le panel ne change pas d'une semaine à l'autre, sinon aucune comparaison n'est possible.
Trois moteurs interrogés le même jour
Perplexity, ChatGPT et Bing Copilot, sur les mêmes formulations, dans la même fenêtre horaire. Neuf réponses au total.
Deux niveaux de présence distingués
Être nommé dans le texte de la réponse n'est pas la même chose qu'apparaître dans la liste des sources. Je compte les deux séparément, parce que seule la première produit un appel entrant.
Relevé des concurrents cités
Chaque nom mentionné est enregistré, avec son rang et, quand le moteur l'affiche, sa note et son nombre d'avis. C'est cette colonne qui révèle le critère de sélection du moteur.
La logique générale d'optimisation pour ces moteurs, indépendamment de mes mesures, est détaillée dans mon guide être cité par ChatGPT, Claude et Perplexity.
Trois moteurs, trois critères de sélection
C'est le cœur du relevé. Chaque moteur applique un filtre différent avant même de formuler sa réponse, et connaître ce filtre change complètement l'ordre de vos priorités.
Perplexity
Le contenu réellement crawlable du siteAffiche ses sources et s'en sert. Sur la requête locale du panel, trois URLs d'un même domaine sont remontées en sources, dont la page ville et la page À propos, et ont produit une recommandation nommée en première position. C'est le seul moteur du panel où le travail éditorial paie directement.
Levier : Pages crawlables, localisation explicite, contenu documentaire précis
ChatGPT
Les données Google Business ProfileSur la requête locale, les six agences listées venaient toutes de fiches Google Business avec adresse postale et note. L'ordre suivait le volume d'avis de très près. Une fiche sans adresse visible et à 15 avis est citée en dernier, quel que soit le contenu du site derrière.
Levier : Adresse publique complétée, volume et fraîcheur des avis
Bing Copilot
Les annuaires et agrégateurs tiersZéro citation sur les trois requêtes pour un domaine pourtant crawlable et pourvu d'une fiche Google. Les sources étaient exclusivement des annuaires : Sortlist, Findly, MatchAgences et agence-web-locale.fr sur le généraliste, Laramap, LaraConnect, Free-Work et Devexia sur le technique.
Levier : Inscription aux annuaires sectoriels, souvent gratuite
La conséquence pratique est simple. Si vos clients utilisent ChatGPT, écrire un article de plus ne servira à rien tant que votre fiche Google Business est incomplète. Si vos clients utilisent Perplexity, c'est l'inverse. Ce sont deux budgets et deux calendriers différents.
Le piège de la citation-source
C'est le constat le plus contre-intuitif du relevé, et celui qui coûte le plus cher sans se voir. Sur la requête sectorielle, un article de blog figurait en source numéro cinq chez Perplexity, et il était réellement utilisé : la phrase de synthèse du moteur reprenait ses arguments, avec le marqueur de citation correspondant.
Sauf que le nom de l'agence qui avait écrit l'article n'apparaissait nulle part dans la réponse. Ni dans le comparatif, ni dans la liste finale. Le contenu servait de matière première, et la recommandation partait vers une dizaine de concurrents. Produire la documentation du marché sans en récolter le crédit est le pire scénario possible en GEO.
Nommer la marque dans le corps du texte
Un article entièrement rédigé à la troisième personne neutre ne donne au modèle aucune entité à recommander. Les affirmations fortes doivent être attribuées explicitement.
Signer avec un auteur identifié
Un nom d'auteur, une fonction et un lien vers une page À propos donnent au moteur une entité vérifiable à associer au contenu.
Baliser l'organisation en données structurées
Un schema Organization ou Person correctement rempli relie le contenu à une entreprise nommée, adressable et localisée.
Rendre la localisation explicite
Sur ma requête locale, la recommandation de Perplexity citait littéralement la mention « basés à » lue sur le site. Une information implicite n'est jamais déduite.
Le poids réel des avis Google
Sur la requête locale, ChatGPT a produit une liste de six agences en affichant pour chacune sa note et son nombre d'avis. L'ordre de la liste suivait ce volume de très près, et l'entité située en dernière position était aussi celle qui cumulait le moins d'avis et la seule à ne pas afficher d'adresse postale.
Les volumes observés dans une seule réponse
- •276 avis pour l'agence la mieux placée du panel sur deux moteurs différents
- •200 avis pour un réseau national cité sur la requête sectorielle
- •40 à 47 avis pour les structures locales citées en milieu de liste
- •14 à 15 avis pour les entités citées en dernière position
La lecture pratique tient en une phrase. Pour une agence locale citée en bas de liste, passer de 15 à 45 avis réels change probablement plus de choses qu'une année de production éditoriale, du moins sur ce moteur précis.
C'est aussi un travail qui profite au référencement classique. La méthode complète est détaillée dans mon guide optimiser sa fiche Google Business Profile, et je la prends en charge dans le cadre de ma prestation de gestion de fiche Google Business.
Les annuaires, angle mort de la plupart des agences
Bing Copilot n'a cité aucune fois mon domaine sur les trois requêtes, ni dans le texte, ni dans la trentaine de références affichées. En regardant ce qu'il citait à la place, le motif est apparu immédiatement : il ne remontait presque jamais de site d'agence en source directe, mais des plateformes de mise en relation et des annuaires sectoriels.
Sur les requêtes généralistes, les mêmes noms revenaient de réponse en réponse : Sortlist, Findly, MatchAgences, agence-web-locale.fr. Sur la requête technique, ce sont des annuaires spécialisés qui servaient de socle. Un concurrent présent sur ces plateformes ressortait en première position d'une réponse où je n'existais pas du tout.
Ce que ça coûte de corriger
La plupart de ces annuaires proposent une inscription gratuite avec une fiche descriptive et un lien. Le travail se compte en heures, pas en semaines, et il s'agit probablement du meilleur rapport effort/visibilité identifié dans tout ce relevé.
Une précaution s'impose toutefois : chaque fiche doit renvoyer vers une page de destination réellement cohérente avec la spécialité annoncée. Inscrire une agence sur un annuaire technique en pointant vers une page d'accueil généraliste produit une fiche que le moteur ne saura pas qualifier. Mon article développeur Laravel freelance ou agence a été écrit précisément pour servir de page de destination crédible sur ce type de requête.
Que faire selon le moteur que vos clients utilisent
Voici la traduction opérationnelle du relevé. L'ordre à l'intérieur de chaque colonne correspond au rapport effort/résultat observé.
Priorité Perplexity
- • vérifier que vos pages sont réellement accessibles aux robots ;
- • afficher votre ville et votre zone d'intervention en clair ;
- • produire des pages documentaires précises et datées ;
- • nommer la marque dans le corps des articles.
Priorité ChatGPT
- • compléter l'adresse postale sur la fiche Google ;
- • lancer une collecte d'avis continue, pas ponctuelle ;
- • soigner la catégorie principale de la fiche ;
- • viser un premier palier de 40 à 50 avis.
Priorité Bing Copilot
- • s'inscrire sur les annuaires généralistes du secteur ;
- • s'inscrire sur les annuaires techniques de votre stack ;
- • faire pointer chaque fiche vers la bonne page ;
- • vérifier la cohérence nom, adresse et téléphone partout.
Ces trois chantiers relèvent de métiers différents mais se pilotent ensemble, dans la continuité d'une stratégie de référencement naturel classique. Le point commun est qu'aucun ne produit d'effet mesurable avant plusieurs semaines, ce qui rend le relevé hebdomadaire indispensable.
Pourquoi il faut mesurer chaque semaine
Une réponse d'IA n'est pas une position de référencement. Elle est reformulée à chaque interrogation, et la même question posée deux jours de suite peut produire deux listes différentes. Un relevé isolé ne prouve donc rien, seule la répétition dégage un motif.
C'est aussi pour cela qu'il faut distinguer très tôt la citation nommée de la simple présence en source. La première génère des visites et des appels. La seconde ne produit strictement rien de mesurable, tout en donnant l'impression rassurante d'être visible.
Si vous partez de zéro sur le sujet, la démarche à suivre pour un artisan ou une PME locale est décrite pas à pas dans mon guide SEO local pour artisans du Pays d'Aix.
Questions fréquentes
Comment ChatGPT choisit les agences web qu'il recommande ?
Sur mes relevés, ChatGPT s'appuie massivement sur les données Google Business Profile. Les six agences citées sur ma requête test affichaient toutes une adresse postale et une note, et elles étaient ordonnées de manière très corrélée au volume d'avis : 276 avis pour la première citée du panel, 200 pour une autre, 47 pour une troisième. Le contenu du site web n'apparaît quasiment pas dans ce mécanisme de sélection.
Pourquoi Perplexity cite des sites que ChatGPT ignore ?
Parce que Perplexity lit réellement les pages web au moment de répondre et affiche ses sources. Sur mon panel, il a retenu trois URLs d'un même domaine, dont une page ville et une page À propos, et en a tiré une recommandation nommée. Un site correctement crawlable et explicite sur sa localisation peut donc être recommandé par Perplexity sans aucun avis Google supplémentaire.
Que faut-il faire pour apparaître dans Bing Copilot ?
Bing Copilot s'est appuyé, sur mes neuf réponses, sur des annuaires et des agrégateurs spécialisés plutôt que sur des sites d'agences. Les sources récurrentes étaient Sortlist, Findly, MatchAgences pour le généraliste, et Laramap, LaraConnect, Free-Work, Devexia pour les requêtes techniques. L'inscription à ces annuaires est le levier direct, et la plupart sont gratuits.
Être cité comme source suffit-il à être recommandé ?
Non, et c'est le piège le plus coûteux. Sur une de mes requêtes, un article de blog figurait en source numéro cinq et était effectivement utilisé dans le corps de la réponse, mais la marque n'était jamais nommée. Le contenu nourrissait le modèle pendant que la recommandation allait à des concurrents. Une citation-source n'a de valeur que si elle se transforme en citation-marque.
Combien d'avis Google faut-il pour être recommandé par une IA ?
Il n'existe pas de seuil officiel, mais l'ordre de grandeur observé est net. Les entités citées en tête par ChatGPT sur mon panel affichaient entre 40 et 280 avis, celles citées en dernier autour de 15. Viser 40 à 50 avis réels semble être le premier palier qui change la donne pour une agence locale, avant même de penser au contenu.
Le GEO remplace-t-il le SEO classique ?
Non, il s'y ajoute avec des mécaniques différentes selon le moteur. Perplexity récompense un site techniquement crawlable et explicite, ce qui recoupe le SEO classique. ChatGPT récompense des données locales structurées qui vivent hors du site. Bing Copilot récompense une présence sur des annuaires tiers. Les trois chantiers sont distincts et ne se substituent pas les uns aux autres.
Savez-vous ce que les IA disent de votre entreprise ?
J'interroge les trois moteurs sur vos requêtes métier et vous remets le relevé complet : qui est cité, sur quel critère, et les trois actions prioritaires dans votre cas.